L’éducation bienveillante selon l'Express, une vision fausse, ma réponse. - Maman Pavlova
Education

L’éducation bienveillante selon l’Express, une vision fausse, ma réponse.

Ce mois-ci, j’ai vu passer cet article dans mes actus, et qu’elle n’a pas été ma surprise quand je l’ai lu … Un ramassis de conneries, des idées reçues stupides et surtout aucune connaissance de ce qu’est une éducation bienveillante.

Je vais donc revenir sur cet article et reprendre tous les points complétement à côté du sujet.

L’éducation bienveillante selon l’Express, une vision fausse.

« Aujourd’hui, les parents sont extrêmement désemparés. La position de l’enfant a changé. On le considère comme une personne à part entière. On en vient à se dire : ‘de quel droit puis-je lui interdire quelque chose ?’ Ils sont aussi, et à juste titre, de plus en plus effrayés par la violence du monde, ajoute-t-elle. Ils ont tendance à se replier sur une enfance prolongée pour mettre leur progéniture à l’abri de cette violence. Ce sont les parents qui disent à tout bout de champ : ‘il est encore petit, on ne peut pas lui interdire ça »

L’enfant un être demi portion ?

Grand entrée en matière, en effet, je considère ma fille comme une personne à part entière. Comment devrais je la considérer ? Comme une 1/2 personne ? Je ne ne vois vraiment pas comment on peut considérer son enfant autrement que comme un individu unique et avec son caractère. Peut-être en considérant qu’il n’a pas le droit à la parole car c’est à nous Adulte de tout décider pour lui, de tout imposer, effrayant …

Je ne dis pas à tout bout de champ que je ne peux pas lui interdire des choses. A cause de son âge, je l’oriente vers des choses qui lui sont adaptées, et elle a des choses interdites. Être bienveillante ne signifie pas tout laisser faire à son enfant. Le cadre éducatif est sécurisant pour l’enfant, connaître les limites aussi. Bienveillance, parent laxiste et démissionnaire ne sont pas à mettre dans le même panier …

« Au lieu de dire ‘enlève tes chaussures’, il faut dire ‘qu’est-ce qu’on fait le soir quand on rentre de l’école ?’, se souvient-elle. Avec trois enfants en bas âge, je n’avais pas toujours le temps. D’ailleurs, dans les vidéos sur Internet, on parle toujours d’un seul enfant et de couple traditionnel. Que fait-on quand on est mère célibataire ou quand on en a plusieurs ? L’éducation positive est déconnectée de la réalité. J’irais même plus loin : elle nie la réalité, au profit d’une vie aussi imaginaire que parfaite. On nous ment. »

L’éducation positive si difficile à appliquer ?

L’Éducation positive n’est en rien déconnectée de la réalité. Faire 3 enfants c’est un choix, et cela n’empêche en rien d’être bienveillant. Je ne vois pas en quoi c’est plus difficile de dire à son enfant « que fait on quand on rentre de l’école » plutôt que  » enlève tes chaussures » et de le punir s’il n’obéit pas. Ma vie n’est pas imaginaire, désolé je suis bien ancrée dans la réalité, elle n’est pas parfaite non plus, parfois je dors mal, parfois je suis fatiguée, parfois ma fille est de mauvais poil, mais je n’oublie pas que c’est moi, l’adulte, c’est à moi d’apprendre à me maitriser, je suis son exemple et pas l’inverse.

« Contrairement à ce que laisse penser le terme, l’éducation positive ne permettrait pas aux parents de laisser parler leur instinct et leurs élans naturels. Elle les encouragerait surtout à expurger de leur caractère tout penchant négatif. Se laisser aller à la colère ou à l’agacement, c’est en effet, prendre le risque de voir son enfant reproduire ce comportement. »

Être un parent bienveillant, c’est être un parent malheureux ?

N’importe quoi ! Je suis tout ce qu’il y a de plus naturel avec ma fille. Simplement je ne lui colle pas des gifles ou je ne lui hurle pas dessus pour me faire écouter. Quand elle hurle de colère, je parle tout doucement pour l’amener avec moi à se calmer et ensuite on parle de ce qui la met en colère. Quand je suis moi-même triste ou en colère, je l’explique toujours à ma fille afin qu’elle comprenne que ce sont aussi des comportements normaux, on a le droit d’exprimer ce que l’on ressent.

« Déçue de l’expérience de l’éducation positive, Shivmama estime même qu’elle peut être contre-productive. « Cela doit mettre une pression énorme à l’enfant que d’avoir des parents qui ne s’énervent pas. Il risque même de finir par croire qu’il n’est pas normal, que les sentiments qu’il éprouve sont mauvais. »

Le parent bienveillant, est un robot sans émotions ?

Je me pose vraiment la question, est-ce qu’elle sait vraiment ce qu’est l’éducation positive ? Où est-ce qu’il est écrit que je ne peux jamais me fâcher ? On ne demande pas d’être parfait aux parents, on leur demande de considérer que chacun de leurs actes a un impact sur leur enfant. On essaye de se maitriser mais quand ce n’est pas possible, ce n’est pas la mer à boire ! On parle avec son enfant, on lui explique, pourquoi nous étions en colère, et si la colère était de son fait, on lui explique comment ne plus l’activer …

Je suis fatiguée de lire sur internet que les parents bienveillants sont des parents parfaits, des menteurs, des dissimulateurs. C’est si difficile à comprendre que c’est possible ? Bordel, on ne demande pas aux gens d’être de parfaits robots, on demande simplement d’apprendre à se maitriser, et de savoir se mettre à la place de son enfant. Je n’ai pas l’impression d’être une super héroïne, mais juste une maman qui aime éperdument sa fille, qui a décidé d’être au cœur de ses émotions.

Et vous savez quoi ? A bientôt 2 ans, ma fille est une petite fille absolument adorable à vivre. Elle ne fait que rarement des colères, elle comprend et accepte très bien ce que l’on attend d’elle. Donc, le mythe de l’enfant roi …

Clairement l’Express, la prochaine fois que vous voulez faire un article pour descendre l’éducation bienveillante, le mieux se serait au moins d’essayer de comprendre ce que c’est réellement, non ? Sinon, venez je vous invite à la maison pour vous montrer ce que c’est au quotidien que d’être un parent bienveillant, et c’est aux antipodes de ce que vous pensez…

A bon entendeur, salut!

Et vous, qu’en pensez-vous ?

23 Comment

  1. Je comprends ton agacement et moi aussi je trouve que cet article est un ramassis de conneries.
    J’ai assisté à une conférence de Sophie Benkemoun, médecin assez reconnue en matière d’édiucation positive. elle le dit maintes fois : oui, vous avez le droit de craquer, oui, vous aussi vous êtes parfois en colère, et c’est NORMAL !
    L’éducation positive, c’est avant tout un apprentissage émotionnel qui permet de ne pas agir sous le coup de la colère et de prendre du recul pour éviter les gros dégats.
    Et finalement elle est très bienveillante, cette nana, avec les parents perdus : non, on ne rate jamais tout, oui, il est toujours temps de se rattraper !

    1. Coucou, je ne connais pas cette fille Mais tu viens de me donner de nouvelles lectures !
      Le pire de cet artcile c’est qu’il est sous couvert d’un témoignage… bref merci de ton mot 🙂

  2. Pour m’etre Beaucoup intéressée au sujet, je peux quand même te dire que ce qui est « enseigné » dans l’education positive est effectivement très difficilement applicable à un modèle parental moins traditionnel. Je suis seule avec mes trois enfants de 5, 4 et 3 ans, peu importe que cela soit un choix, lorsque nous sortons de la maison en hiver, si l’un d’eux ne veut pas mettre son manteau, je ne vais pas entreprendre la sortie quand même pour que, après quelques temps, il comprenne par lui même qu’il fait froid et qu’il lui faut effectivement rentrer et mettre son manteau (exemple tiré du livre Cool parents make Happy kids, néanmoins très inspirant!).
    D’abord parce que ça pénalise les deux autres qui eux ont mis leur manteau mais voient leur balade écourtée, et aussi parce que si le rebelle tombe malade, c’est la galère pendant des semaines, le rhume qui passe de l´un à l´autre, des consultations chez le pédiatre voire des « jours enfant malade » qui me mettent en difficulté au bureau, les nuits blanches etc… Et soyons clair, si 1/3 fait cette « expérience », les deux autres voudront la faire eux aussi!
    Alors oui je demande une première fois gentiment, à la 2e je m’agace et à la 3ème j’ordonne. Il m’arrive même de menacer/punir/crier, ce qui d’ailleurs n’empêche pas d’être bienveillant. Seulement avoir plusieurs enfants -trois petites personnes- c’est un peu comme gérer une micro société : la liberté des uns s’arrete Là où commence celle des autres.

    1. C’est possible en effet mais je parle de mon vécu qui est celui d’une maman d’une petite fille dans une famille tout ce qu’il y a de plus classique. Sans l’aide de mon binôme de mari je ne serais certainement pas aussi zen et en effet plus le nombre d’enfant augmente plus la mise en place peut être compliqué. Pour l’exemple du blouson , ici ce qui marche c’est de donner le choix entre plusieurs manteau, jamais l’idée de laisser sortir ma fille sans me viendrais à l’esprit pour les bonnes raisons que tu évoques. Si j’avais eu 3 enfants j’aurais une autre vision MAIS ce n’est ni le cas ni mon but. Merci pour ton retour 🙂

  3. Hello ! Je n’ai pas d’enfants, mais je voulais rapporter mon expérience en tant que fille de ma mère (ahahah) ^^ lorsque je suis née, il y a un peu plus de 25 ans, on n’entendait pas parler d’éducation bienveillante. Pourtant, quand je lis en quoi ça consiste, je vois que ma mère m’a éduquée à peu près de cette façon, Et, chose qui parait incroyable, elle ne s’est énervée contre moi que deux, ou trois fois, pendant mon enfance. Pourtant, c’est une caractérielle (famille méditerranéenne bonjour !), mais je vois totalement où l’éducation bienveillante mène : à un cercle vertueux. On se fâche moins contre notre enfant qui nous écoute, donc on se fâche moins, donc… etc. Elle ne m’a jamais punie, non pas par laxisme, mais parce qu’elle prenait le temps de m’expliquer pourquoi ce que j’avais fait pouvait me mettre en danger, ou faire de la peine aux autres, donc je ne le reproduisais plus. Je n’étais pas une enfant roi, j’avais des limites CLAIRES et des interdictions bien énoncées, mais ma mère ne passait pas son temps à faire le sergent derrière moi. Je comprends que ça prenne du temps, surtout quand on a beaucoup d’enfants en bas âge, mais avant de dire des bêtises, les gens devraient peut-être s’intéresser à ce qu’est VRAIMENT l’éducation positive. Ce n’est pas le manuel du parent parfait, juste des pistes pour être un parent plus à l’écoute.

    Par ailleurs, les journaux / magazines comme L’Express sont là pour faire vendre avec des titres et articles racoleurs, mal informés, et qui vont dans le sens de la majorité. Pas étonnant d’y lire un article comme celui-ci.

    Pour conclure, j’ai eu une brillante scolarité, j’ai été indépendante rapidement et facilement, et je fais aujourd’hui un métier que j’aime, pareil du côté de mon frère. On dirait que ça fonctionne bien, cette « éducation impossible » ^^

  4. Je suis également tombée sur cet article en fil d’actu et il m’a vraiment mise en colère…C’est un article complètement bidon et plein d’amalgames, un article tout ou rien et dénué d’arguments. C’st tellement plus simple de fustiger la parentalité bienveillante : ca permet de se déculpabiliser de perdurer une education obsolete ou l’enfant n’a pas sa place en tant que personne. Merci a toi pour cet article.

  5. Ce qui me gêne dans l’article de L’Express, c’est le témoignage de la maman qui semble bidon. Ça n’apporte rien au sujet.
    L’éducation bienveillante, j’en comprends les principes et je pense qu’il faut tendre vers cela.
    Je considère être dans cette pratique à 90%. Parfois, je suis obligée d’être plus directive. Gérer 3 enfants de 20 mois, 3 ans et 7 ans et demi toute seule (papa professionnellement éloigné) necessite à certains moments un peu plus de discipline. Mais pas besoin de fessées, de mots durs pour y parvenir.
    Ça m’arrive de m’énerver mais j’en reparle toujours calmement.
    Bref, j’essaie de faire au mieux tout en respectant mes enfants 😉

  6. Bonjour,

    J’ai moi aussi été bien énervée de cet article et cela a suscité tout un débat avec un cercle de copines et collègues. Certaines se foutent une pression pas possible, comme si on leur imposait la perfection. Selon moi, déjà essayer d’être bienveillant, juste essayer, se poser des question, réfléchir, exprimer ses émotions c’est déjà un pas énorme! Je pense que c’est un apprentissage, il faut se déshabituer! Avec mon fils j’ai la sensation que l’on grandit ensemble, que l’on évolue en parallèle et quand nous trouvons un équilibre, il amène de nouveaux défis (18 mois: début des émotions débordantes…), et les premières fois je galère un peu, puis j’analyse, on se questionne avec son papa et finalement on réadapte nos comportements… Jusqu’au prochain défi!!!! On apprend de nos erreurs et de nos échecs, quel dommage que les gens se braquent comme cela… Puis la mode de l’auto proclamation « mauvaise mère » qu’est ce que ça m’énerve… Comme les filles qui portent des t-shirts avec écrit « Mademoiselle Connasse »… Je trouve cela dommage de se traiter comme ça et pourtant je suis qqun de très ironique et second degré!

    1. Oh ton commentaire est très juste ! L’auto proclame mauvaise mère m’agace a un point … quand on fait le choix de faire naître un enfant on fait aussi le choix élever un petit être et d’accepter comme tu le dis chaque jour des défis, Et oui c’est pas toujours facile 🙂

  7. Je ne suis pas assez en forme pour aller dans les détails mais, comme bien souvent, j’approuve totalement ton article. D’ailleurs, j’avais lu (avec dégoût) l’article de l’express et avait signalé ce que j’en pensais sur les réseaux sociaux. De belles conneries issues d’idées reçues navrantes.

  8. J’ai lu cet article aussi et comme toi il m’a fait grincer des dents. On a le droit de ne pas vouloir mettre en pratique ce courant éducatif mais pourquoi être aussi négatif et moralisateur. Enfin c’est comme pour l’allaitement, le portage etc … tous les choix de vie sont sujets à débats et à polémique. Dans notre société il est difficile d’exprimer une opinion sans juger celui qui fait différemment.

  9. Bonjour,
    C’est un sujet intéressant et toujours très polémique 🙂
    J’ai 4 enfants (dont un beau-fils), mes deux derniers ont 21 mois d’écart. Je trouve que le principe de l’éducation bienveillante est excellent, respectueux de la personne de l’enfant, et basé sur des principes de neuropsychologie qui ne sont plus à prouver. Les limites, comme l’ont souligné d’autres commentatrices, est qu’avec plusieurs petits enfants (et, dans mon cas, un papa absent du lundi au vendredi pour son travail), on ne peut pas négocier et expliquer avec chaque enfant un quart d’heure à chaque fois qu’il faut s’habiller, partir à l’école, prendre le bain, manger proprement, se coucher. Surtout quand on ne peut pas passer le relais à son conjoint et que la charge nerveuse repose intégralement sur les épaules d’un seul parent. Alors parfois j’élève le ton, je dis à mon enfant que s’il continue il va être puni, j’agite la carotte de la récompense pour obtenir qqchose. La vie familiale avec plusieurs enfants est très différente de la vie avec un seul : ils jouent, crient et s’excitent, se provoquent, Du coup les réactions sont très différentes que quand il est seul. Et il me semble que c’est la faiblesse de ce qui est présenté dans les ressources en éducation positive : on ne parle jamais que d’un enfant unique. Si vous avez des ressources sur les fratries et l’éducation bienveillante, je suis preneuse ! 🙂

    1. Bonjour, c’est certain que chaque composition de famille impact le temps et la façon dont on peut être, dans les pays nordique la moyenne est de 3 ou 4 enfants et la bienveillance est de mise donc je vais trouver ça dans mes lectures 😉 a très bientôt donc ?

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