C'EST POUR TON BIEN. Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant - Maman Pavlova
Education

C’EST POUR TON BIEN. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant

Connaissez vous les conséquences d’une éducation violente pour votre enfant ?

J’ai décidé de prendre le temps de lire celle dont j’entends si souvent parler : Alice Miller. Quelles difficultés pour moi de la lire sans avoir les yeux humides à imaginer ces histoires…

J’ai pour habitude de dire, que je ne juge pas les parents, et que la mère parfaite n’existe pas, et que je ne juge jamais. En fait, c’est faux, car il y a bien une chose pour laquelle je n’ai pas de filtre, et que je n’excuse pas : c’est la violence.

Je ne peux pas accepter que chez moi, ou en ma présence, on se montre violent avec un enfant, que ce soit par les paroles ou encore pire par les gestes. Je ne suis pas capable de rester sans rien faire et j’interviens.

Je connais tellement d’adultes qui ont été ses enfants, et quand je vois les dégâts que cela peut engendrer j’en ai le cœur lourd, surtout quand cela touche des êtres que j’aime au plus profond de mon âme

J’ai vraiment beaucoup, beaucoup de mal à comprendre, comment on peut volontairement faire du mal à la chair de sa chair. Comment peut-on avoir envie d’humilier son enfant, de le rabaisser, de le frapper et de le faire grandir en se sentant la pire des merdes ?

Je vous donne un exemple tout bête dont j’ai été témoin il y a quelques jours au parc (ou je ne permets bien entendu jamais d’intervenir !). C’est un très grand parc pour enfants avec des jeux pour tous les âges, dont une tyrolienne pour les enfants à partir de 6/7 ans.
Le père dit à son fils (de 3/4 ans) de monter dessus, mais son enfant a peur, déjà le jeu n’est pas du tout adapté à sa taille. Il est trop petit, il ne touche pas le sol et il n’en a pas envie. Le père force son fils  » tu es pas un pédé, tu montes », ce qui devait arriver, arriva, son fils s’explose par terre et pleure.
Le père très en colère, insulte son fils, le traite une fois de plus de « pédé », et lui dit qu’il est vraiment « nul et n’est bon à rien » le tire par le bras et « Comme tu es bon à rien, c’est fini, on rentre à la maison ».

Mon exemple est choisi pour vous choquer, vous faire réagir. Mais, il existe des violences éducatives ordinaires (VEO) bien moins flagrantes, qui font tout autant de dégâts sur votre enfant.

Si vous aviez vu ce petit garçon, ses yeux complètement effrayés, ce regard vide et anxieux, et ce père agressif, dominateur et humiliant. J’ai eu tellement envie de prendre ce petit garçon dans mes bras, de lui dire qu’il était très chouette et qu’il avait le droit de ne pas aimer un jeu qui n’était pas de son âge. Mais au lieu de cela, j’ai pensé le cœur lourd que des « comme lui » il y en a tellement …

 

La pédagogie noire : qu’est quoi ?

Alice Miller, psychanalyste écrit “C’est pour ton bien” et dénonce la violence dans l’éducation.
Violence bien souvent masquée sous le couvert du  » bien de l’enfant « . Elle est celle qui a inventé le terme de pédagogie « noire « .

– Les adultes sont les maîtres de l’enfant. Eux seuls connaissent le bien du mal.

– Il faut ôter à l’enfant au plus tôt sa volonté et éradiquer tout ce qui vient de lui : faim, soif, velléités de critiques, pensées, colères, demandes.

– On doit faire croire à l’enfant, sous couvert de manipulation, qu’il agit de lui-même.

– L’enfant doit être convaincu que sans, sa soumission à l’adulte, il n’aura pas d’amour…

– Il faut, enfin, le culpabiliser. Faire en sorte qu’il se sente coupable des colères de l’adulte et ait envie de le protéger.

Vous êtes choquez, n’est-ce pas ? Prenez quelques minutes, et repensé aux dernières scènes de colère avec votre enfant, êtes-vous sur de n’avoir utilisé aucun de ses points ?

La dernière fois, j’ai entendu une maman dire à son petit bout :  » Qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu sois aussi méchant… »

 

Extraits du livre d’Alice Miller

« La seule connaissance des lois du développement de l’enfant ne nous met pas à l’abri de l’insatisfaction ni de la colère lorsque son comportement ne correspond pas à nos représentations idéales ni à nos besoins, sans parler des cas où il semble mettre en péril nos mécanismes de défense. »

« On peut faire de l’enfant une foule de choses dans les deux premières années de sa vie, le plier, disposer de lui, lui enseigner de bonnes habitudes, le corriger et le punir, sans qu’il arrive quoi que ce soit, sans que l’enfant se venge. Il n’empêche qu’il ne parvient à surmonter sans difficulté l’injustice qui lui a été faite qu’à la condition de pouvoir se défendre, autrement dit à la condition de pouvoir donner à sa souffrance et à sa colère une expression structurée. S’il lui est interdit de réagir à sa manière, parce que les parents ne supportent pas ses réactions (cris, tristesse, colère) et les interdisent par de simples regards ou d’autres mesures éducatives, l’enfant apprend à se taire. Son mutisme garantit certes l’efficacité des principes d’éducation, mais il recouvre en outre les foyers d’infection de l’évolution ultérieure »

 » L’opinion publique est loin d’avoir pris conscience que ce qui arrivait à l’enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l’ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance… Ma tâche est de sensibiliser cette opinion »

Voici ma sélection de livres (il faut cliquer sur l’image pour en savoir plus) :

 

           

      

Je vous invite vraiment à lire ces livres, il vont vous ouvrir les yeux, et le cœur sur tout un tas de choses.

Quel est votre avis sur la pédagogie noire ? Vous êtes de mon avis ou non ? Venez échanger en commentaires avec plaisir 🙂

14 Comment

  1. Criminalité, je rebondis sur ce mot car je travaille en milieu carcéral. 95% de la population pénale est masculine et je me demande quelle est la part de l’éducation dans ce chiffre.
    En tout cas, il y a beaucoup de travail à faire, de mentalité à faire évoluer afin que les jeunes enfants soient mieux traités.
    Moi-même je me surprends à avoir des propos blessants à l’encontre de mes enfants sous le coup de la fatigue, de l’agacement.

    1. A mon avis elle est au moins à 80% la part de l’éducation… ensuite il y a les mauvaises rencontres… ton commentaire est très intéressant la population carcérale ma toujours « passionnée » enfin comprendre comment on en arrive là quoi…

  2. Tu t’en doutes, vu tout ce que j’écris à ce sujet, que je suis parfaitement d’accord avec tout ça! Je fais partie des enfants non-maltraités mais élevés à coups de VEO et j’y suis extrêmement sensible. Je ne blesse jamais ma fille, ni physiquement, ni verbalement. Je suis trop cassée de l’intérieur pour vouloir lui faire subir la même chose. Nul n’est infaillible, je suis parfois fatiguée, à bout, mais pourtant je prends le temps de peser chaque mot qui sort de ma bouche, même lorsque j’en viens à élever la voix, à bout de patience. On traverse actuellement une période délicate, genre Terrible Two, et je traverse ça main dans la main avec elle, à coups de câlins, de paroles rassurantes, et d’amour, surtout d’amour…

  3. Je pense qu’il y a deux types de violence – aucun n’est bonne pour un enfant bien entendu – la violence intentionnelle, les coups, les brimades, les mots durs, les insultes. Et puis la violence de certaines phrases comme celle que tu cites et que certains parents disent parfois à bout de nerfs, de force.
    On ne prend pas toujours le temps de réfléchir à ce qu’on dit, dans le feu de l’action, de la colère, on lance ce qui vient et on en mesure l’impact qu’une fois les mots sortis. L’important est de s’en rendre compte et de sortir de ce schéma, de se faire aider si besoin.
    Car oui la violence fait d’énormes dégâts dont il est très difficile de se remettre.
    Merci pour cet article.

  4. Comme toi, je ne supporte pas les scènes de violence qui ont lieu devant moi. C’est comme si c’était à moi qu’on faisait du mal. J’ai envie de pleurer, de câliner l’enfant et me sens personnellement agressée face à ces agissements. Le dernier exemple en date qui m’a fait du mal était une assistante maternelle, au parc, qui avait laissé une petite fille d’environ 1 an dans une poussette pendant que d’autres enfants jouaient. La petite pleurait et au lieu de la détacher, de la consoler, de la prendre dans ses bras en cherchant à comprendre ce qui n’allait pas, elle lui hurlait de se taire, de « se calmer et puis c’est tout », que ça commençait à bien faire, qu’elle était insupportable, etc. Et visiblement, elle se sentait obligée, non pas de justifier son propre comportement (qu’elle semblait trouver complètement normal), mais celui de la petite fille en disant des « c’est toujours comme ça, elle pleure pour un rien » qui ne faisait qu’empirer la violence de la scène …

    1. Elle est décédée, mais elle mérite vraiment que l’on parle d’elle !!! Franchement sa lecture ne laisse pas du tout sans réaction…

  5. Merci pour cet article qui me met les larmes au yeux car je me rends compte que j’ai parfois quelques paroles blessantes quand je suis épuisée et à bout de nerfs.
    Je me reprends et je m’excuse mais c’est loin d’être suffisant. Je fais un gros travail sur moi-même …

    1. Ce qui est très important c’est de prendre conscience des choses pour les faire changer. On n’est pas parfait mais perfectible 🙂

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