woman carrying girl while showing smile

L’éducation bienveillante : comment j’ai revu ma copie avec deux enfants (et un mari neuro-atypique)

L’éducation bienveillante, 4 ans, 2 enfants et quelques nuits blanches plus tard


Il y a quelques années, j’avais pondu un article très appliqué sur l’éducation bienveillante. Une sorte de memento de bonne élève, persuadée qu’avec assez d’empathie et de communication non violente, on pouvait transformer n’importe quelle tempête en arc-en-ciel. Spoiler alert : j’avais un seul enfant à lépoque. Aujourd’hui, j’en ai deux. Et là, comment vous dire… ma théorie a pris une sacrée claque dans la figure. Bienveillante, la claque, cela va de soi.

Parce qu’entre la fratrie, les disputes pour une miette de brioche, les nuits blanches, les bains éclaboussés et les rendez-vous en cascade, j’ai compris que l’éducation bienveillante, ce n’était pas un mode d’emploi parfait. C’est un cap, une boussole, un phare qu’on essaie de garder en ligne de mire, même quand on rame dans la tempête.

smiling girl running towards left on green field
le bonheur est dans les prés

L’éducation bienveillante, ce n’est pas le monde des Bisounours

Soyons clairs : être bienveillant ne veut pas dire être parfait. Dans notre famille neuroatypique, avec un papa et une maman eux-mêmes un peu lunaires et deux filles aussi hypersensibles qu’épatantes, on vit souvent des situations à la limite de la science-fiction. Une qui a besoin de silence absolu, l’autre qui réclame un fond sonore pour vivre. Une qui veut la lumière, l’autre qui pleure parce que ça l’agresse. Et au milieu, deux parents qui n’ont pas dormi depuis 2019.

Alors non, on ne crie pas à la perfection. On crie tout court parfois. Et on s’excuse. Parce qu’être bienveillant, ce n’est pas ne jamais faillir, c’est savoir reconnaître ses erreurs. C’est modéliser la réparation, pas la perfection.

La fratrie, le test ultime de ta patience

Quand j’avais une enfant unique, j’avais du temps, de l’énergie, et je pensais honnêtement avoir trouvé la recette magique. Je n’avais jamais levé la voix. Elle m’avait même jamais vue énervée. Puis sa petite sœur est arrivée.

Et avec elle, les pleurs, les jalousies, les nuits coupées, les moments où tu passes de professeur de yoga à négociatrice du GIGN, de juge à animatrice de centre de loisirs, tout ça avant 9h du matin. Et pourtant, on s’accroche. Parce qu’on sait qu’à la fin, elles garderont (on espère !) des souvenirs de complicité, d’écoute, d’amour, même si le quotidien a parfois des airs de sitcom survoltée.

pexels-photo-225017.jpeg

Le grand malentendu : bienveillance ≠ laxisme

Je l’ai dit et redit, mais visiblement ça ne rentre pas : la bienveillance, ce n’est pas « l’enfant roi », ni « le chaos joyeux » où chacun fait ce qu’il veut. Ce n’est pas non plus une excuse pour les parents qui en ont marre de s’impliquer et se cachent derrière des labels. Servir des coquillettes au beurre un soir parce qu’on est crevé, ce n’est pas grave. Ne rien proposer d’autre pendant des mois et se vanter de ne rien faire – là, on entre dans une autre catégorie.

La vraie bienveillance, c’est de faire ce qu’on peut, avec l’envie de faire au mieux. De respecter son enfant, sans se renier soi. Et surtout, de ne jamais oublier cette règle de base : ne pas faire à son enfant ce qu’on n’accepterait pas pour soi.

Conclusion :
Aujourd’hui, je regarde mes filles, et je me dis que si elles deviennent des adultes libres, aimantes, et capables de dire « stop » sans hurler, alors on n’aura pas tout raté. On n’est pas une famille parfaite, on est une famille sensible, bruyante, lumineuse et un peu bancale parfois. Mais on fait front. Ensemble.

Et finalement, c’est ça la véritable éducation bienveillante : un chemin de traverse, semé d’épreuves, de rires, d’engueulades et d’excuses, mais où l’on marche tous dans la même direction. Même quand la route tangue un peu.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *