Adoption de l'autre côté du miroir, quand cela devient un cauchemar - Maman Pavlova
Maternité

Adoption de l’autre côté du miroir, quand cela devient un cauchemar

Comme vous le savez, je suis une grande convaincue des effets destructeurs d’un passé houleux pour un enfant.

Mais alors les enfants adoptés ? Comment cela se passe t-il ?

L’adoption, de l’autre côté du miroir …

On parle souvent de l’adoption du côté des parents mais un peu moins du côté des enfants. Pourquoi ce sujet ? Tout simplement car c’est un sujet qui me touche particulièrement car mon mari est un enfant adopté.

Comme toujours, ce blog est le reflet de mon expérience, mais aussi de mon avis. Il n’est bien sûr pas universel, et si un enfant adopté a une autre vision, je le laisserai témoigner ici avec plaisir.

Environ 2000 enfants sont adoptés en France chaque année, et l’histoire familiale qui s’ensuit peut virer au drame. Le phénomène est extrêmement difficile à quantifier, car très peu d’études ont été menées sur le sujet. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Santé, il y a plus de 10 ans, près de 15% des enfants adoptés sont ensuite placés auprès des services sociaux.

L’attente du parent adoptif : entre rêve et réalité

Quand on parle autour de nous d’adoption, la vision de la réalité entre l’adoptant et l’adopté est souvent différente. En effet, les couples adoptant son soumis à une attente interminable, sur un parcours semé d’embuches …

Quand un enfant est abandonné par ses parents biologiques, il ne le choisit pas. Quand il est placé dans une institution, il ne le choisit pas. Les parents adoptifs eux, rencontrent des psychologues, passent de nombreux entretiens. Ils espèrent et fantasment ce bébé à venir, lui préparent son petit nid petit à petit …

 

Quelques chiffres : 20% d’enfants français adoptés en France, les autres le sont à l’international.

L’adoption, c’est d’abord le deuil de l’enfant naturel

Pour certains parents cela ne se fait JAMAIS, mais le processus d’adoption suit son cours quand même…  Ce n’est encore une fois pas une généralité, mais c’est pourtant une réalité, dont je suis témoin personnellement.

J’ai entendu le parent d’un enfant adoptif dire que la plus douloureuse épreuve de sa vie est de : « n’avoir jamais eu d’enfant… ». Imaginé le drame pour l’enfant adopté,d’entendre une pareille horreur et, la douleur que devait encore ressentir le parent adoptif pour dire un truc aussi ignoble devant son enfant… Bref, la plaie n’est pas vraiment refermée chez tout le monde.

La réalité du côté de l’enfant

Le passé traumatique de l’enfant rend en effet parfois très difficile la construction d’une relation familiale. «Les parents sont bercés d’illusions. Il est faux de croire qu’avec de l’amour, on résout tout», indique Sylvie Le Bris, co-fondatrice de l‘association Pétales, spécialisée dans le soutien aux familles adoptives. «Les parents peuvent se sentir d’autant plus démunis quand la détresse de l’enfant s’exprime par de la violence et du rejet», poursuit la spécialiste. Car même si dans la majorité des cas, les parents sont aimants et bien intentionnés, cela ne suffit pas pour panser des plaies aussi béantes que celles causées par l’abandon, la vie en orphelinat, le déracinement.

Quand l’adoption vire au cauchemar

Âme sensible s’abstenir… Vous avez probablement vu le terrifiant reportage des enfants adoptés puis abandonnés aux États-Unis ? Ce n’est pas le seul pays à pratiquer cette ignoble façon de faire, il y a aussi le Canada …

De 10 % à 25 % d’échecs

Au moins 52 enfants adoptés par des familles québécoises ont été pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au cours des dernières années. Parmi eux, 20 enfants ont fait l’objet d’un placement jusqu’à leur majorité. C’est ce qui ressort d’un récent sondage mené auprès de ses membres par « Pétales Québec », un organisme d’entraide aux parents d’enfants qui présentent des troubles de l’attachement.

Ces chiffres ne représentent sans doute que la pointe de l’iceberg, prévient la directrice de « Pétales Québec », Danielle Marchand. «Les sentiments d’échecs et d’impuissances nous obligent souvent au silence, de peur d’être jugés sévèrement, dit-elle. Avoir adopté un enfant pour demander quelques années plus tard son retrait définitif de la maison, cela n’a pas de sens. C’est trop souvent le commentaire que nous recevons en plein cœur.»

Des études américaines et françaises indiquent que de 10 % à 25 % des adoptions se soldent par des échecs. C’est énorme.

j’ai lu ici des témoignages bouleversant d’adoption qui tournent au cauchemar. Des parents épuisés à bout de force et de solution qui ne savent plus comment gérer des enfants qui souffrent de troubles de l’attachement…

Entre 5 et 15% des enfants adoptés en France sont confiés aux services sociaux. Dans certains cas extrêmes, les parents adoptifs abandonnent définitivement leurs enfants. (source le Figaro lien ici)

Quand le lien ne se fait pas …

Parfois, l’adoption ne  » prend  » pas.  » Il y a des enfants qui n’ont jamais adopté leurs parents, et des parents qui n’ont jamais adopté leurs enfants « , confirme le psychanalyste Nazir Hamad , qui a longtemps dirigé un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP). Ils éprouvent le sentiment étrange de ne pas être dans le bon film, ou courent après une histoire fantasmatique. Rongé par la haine ou l’incompréhension, le lien finit par casser.

 

Préparer différemment l’adoption

Tant que nous persisterons à faire croire que l’histoire de l’adoption est celle d’une famille qui rentre à la maison du bonheur et devant qui se déroule un avenir rose bonbon, les affaires comme celle de Hansen donneront du grain à moudre. Les alarmistes ne démordront pas de leur théorie selon laquelle tous les parents adoptants sont naïfs et mal préparés.

A travers cet article, je ne cherche pas à démoraliser les futurs parents adoptifs, sauf si vous pensez qu’il faudrait passer sous silence 15% d’adoptions qui deviennent des cauchemars. Bien sûr, cela signifie qu’il reste 85% de « happy end », que l’adoption reste une chance pour les couples stériles, les enfants sans famille… Mais apprendre la réalité, c’est aussi préparé mieux les familles, et éviter des drames sociaux et humains…

Avez vous un avis sur le sujet ? Je serais ravie d’échanger avec vous en commentaires ou par message privé, si c’est trop personnel.

 

6 Comment

  1. Intéressant… mais aussi triste pour ces enfants qui n’arrivent pas à trouver un équilibre dans un nouveau foyer malgré la bonne volonté de leurs nouveaux parents. Quelle vie les attend…
    Dans ma vision utopique de l’adoption je pensais que l’amour pouvait tout guérir .
    Est ce l’âge des enfants adoptés qui jouent le plus sur le succès de l’adoption ?? Plus l’enfant est jeune et moins les dommages sont grands ?

    1. L’âge est un facteur aggravant mais ce qui compte c’est le vécu de ce pauvre enfant… j’ai eu bcp de mal à écrire cet artcile tant j’ai lu des choses horrible …

  2. Merci pour cet article très documenté, je n’avais pas idée de ces chiffres.

    Je pense que ce que tu dis à ce sujet vaut pour beaucoup de familles, même sans adoption. Combien de parents idéalisent l’enfant qu’ils attendent, même leur enfant biologique, et finissent par avoir un lien complètement toxique avec leur progéniture en ne prenant pas en compte qu’un enfant est une personne à part entière et pas la projection d’un désir parental ? Pourtant, ces parents sont souvent aimants, mais pas en mesure de construire une relation bénéfique sur le plan psychologique.

    On a tendance à enrober les jeunes parents d’une injonction à être heureux, la pression est très forte, si bien que parfois, entre la carte postale du bonheur qu’on voudrait renvoyer parce qu’on a le sentiment de ne pas pouvoir se plaindre, et la réalité il y a un monde.

    Devenir parent, c’est un très long apprentissage et on n’est pas très préparé, parfois. Être l’enfant de ses parents l’est tout autant. Comment se construire en tant que personne en composant avec les attentes parentales, les attentes sociales, et sa propre personnalité ? Pas facile, mais c’est une grande aventure de vie, ça c’est certain!

  3. Merci pour cet article, il est vrai qu’on parle souvent a la place du parent. Jamais a la place de l’enfant. On ne peut imaginer ce que ces personnes vivent… Ça doit tellement pas être évident même dans les 85% de  » happy end »

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