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J’ai allaité chacune de mes filles pendant trois ans. J’ai porté mes bébés pour toutes leurs siestes, marché pendant des heures avec elles contre moi et organisé une grande partie de mon quotidien autour de leurs besoins. Je ne regrette rien. Mais en 2017, alors que ma grande avait tout juste 1 an, j’écrivais déjà sur mon sentiment d’abandon après être devenue mère. Aujourd’hui, mes filles ont 5 et 10 ans. Le maternage proximal est derrière moi, et les recherches anthropologiques m’amènent à regarder ces années autrement : et si le problème n’était pas la proximité avec nos bébés, mais le fait de devoir l’assurer seules ?
Il y a des sujets qui ne vous quittent jamais vraiment.
Ils évoluent avec vous. Ils prennent de nouvelles formes. Vous les regardez différemment à mesure que vos enfants grandissent et que vous découvrez des choses que vous ignoriez quelques années auparavant.
Pour moi, la solitude maternelle est de ceux-là.
En novembre 2017, j’ai publié sur le HuffPost un article intitulé « Ce que j’aurais aimé savoir avant de devenir mère pour affronter mon sentiment d’abandon ».
Ma grande avait alors 1 an.
J’essayais déjà de mettre des mots sur ce sentiment étrange : celui de pouvoir être entourée, aimée, accompagnée pendant sa grossesse et de se retrouver, après la naissance, face à une responsabilité immense, avec parfois l’impression que tout repose soudain sur soi.
À l’époque, je savais ce que je ressentais. Je savais que quelque chose me manquait. Mais je n’avais pas encore toutes les clés pour comprendre pourquoi cette solitude me semblait si difficile à vivre.
Neuf ans ont passé.
Aujourd’hui, ma grande a 10 ans et ma petite en a 5. J’ai traversé deux maternages, deux allaitements longs, des années de portage, des siestes contre moi et d’innombrables promenades avec mes bébés.
Je ne suis plus dans cette période de ma vie. Le maternage proximal est derrière moi.
Et c’est précisément ce recul qui me donne envie d’en parler aujourd’hui.
J’ai découvert les travaux de l’anthropologue Jennifer Kerner et les recherches sur l’alloparentalité, cette participation de personnes autres que les parents aux soins apportés aux enfants.
Dans l’épisode 249 de Papatriarcat, publié le 8 octobre 2026, Jennifer Kerner revient notamment sur le maternage intensif, la place des pères et l’importance des relais autour des familles. Écouter l’épisode avec Jennifer Kerner. Papatriarcat
Une idée m’a particulièrement interpellée :
Je ne comprends pas cette phrase comme une condamnation du maternage proximal, encore moins comme une invitation à renoncer à l’allaitement ou au portage.
Je la comprends comme une invitation à poser une autre question.
Et si le problème n’était pas la proximité que nous donnons à nos enfants, mais le fait de devoir l’assurer seules ?
Et si nous avions confondu le fait d’être une mère disponible avec celui d’être une mère disponible en permanence ?
C’est cette réflexion que j’ai envie de partager aujourd’hui. Avec mon expérience, mes souvenirs et ce que les recherches anthropologiques nous apprennent réellement.
J’ai allaité chacune de mes filles pendant trois ans.
À la demande. Sans compter les heures. Sans regarder ma montre pour savoir si mon bébé avait suffisamment attendu depuis la dernière tétée.
Mais le maternage proximal ne s’est pas limité à l’allaitement.
J’ai aussi énormément pratiqué le portage pendant leurs premières années.
Toutes leurs siestes se faisaient en portage.
Je les portais contre moi, je les berçais au rythme de mes pas et nous partions pour de longues promenades en extérieur.
Il y avait ces balades où je marchais pendant des heures avec mon bébé contre moi. Ces moments où le mouvement accompagnait son sommeil, où je profitais de l’air frais et où nous avancions ensemble, au rythme de ses besoins.
J’aimais ces moments.
Je ne raconte pas mon histoire pour faire croire que j’ai subi le maternage proximal. Je l’ai choisi. J’aimais allaiter mes filles, les porter, les sentir contre moi et pouvoir répondre à leurs besoins.
Je ne regrette ni ces tétées, ni ces siestes, ni ces longues promenades.
Mais cette proximité demandait aussi une disponibilité physique importante.
J’ai connu les nuits courtes, les réveils à répétition, les mastites et le muguet. J’ai continué à m’occuper de mes enfants même lorsque j’étais malade, même lorsque j’avais la grippe, même lorsque mon corps aurait eu besoin de récupérer.
J’étais leur maman. J’étais disponible. J’étais là.
J’avais pourtant un mari formidable, un papa présent qui travaillait. J’avais des parents merveilleux, aimants, sur lesquels je pouvais compter.
Je ne manquais pas d’amour autour de moi.
Et c’est précisément ce qui rend cette expérience difficile à expliquer.
Parce que la présence de proches ne signifie pas nécessairement que quelqu’un peut prendre le relais à n’importe quel moment.
Parce qu’avoir un conjoint qui travaille, une famille aimante et des amis ne signifie pas automatiquement que l’on dispose d’une personne qui va porter le bébé pendant sa sieste, répondre à ses besoins pendant que l’on dort ou prendre en charge le quotidien lorsque l’on n’en peut plus.
Parce que la solitude maternelle ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes présentes dans votre vie.
Elle se mesure aussi à la possibilité réelle de déposer ce que vous portez.
Pendant une grande partie de mes journées, j’étais seule avec mes filles.
Je n’avais pas de village.
J’avais moi.
C’est ici que l’anthropologie apporte un éclairage particulièrement intéressant.
Nous avons longtemps été habitués à des représentations assez simplistes de la préhistoire : les hommes partaient chasser, les femmes s’occupaient des enfants et les mères assumaient naturellement l’essentiel des soins.
La réalité des sociétés humaines est bien plus complexe.
Les chercheurs parlent notamment d’alloparentalité pour désigner la participation de personnes autres que les parents biologiques aux soins apportés aux enfants.
Il peut s’agir des grands-parents, des frères et sœurs, d’autres membres de la famille, de personnes du groupe social ou d’autres adultes qui contribuent à la prise en charge des plus jeunes.
Cette participation peut prendre différentes formes : porter un bébé, le tenir, le surveiller, le réconforter, jouer avec lui ou, dans certaines sociétés, participer à son alimentation par l’allaitement.
L’anthropologue Sarah Blaffer Hrdy a largement contribué à faire connaître cette dimension coopérative de l’évolution humaine dans son livre Mothers and Others: The Evolutionary Origins of Mutual Understanding, publié en 2009.
Elle y développe notamment l’idée que les enfants humains ont évolué dans des environnements où leur prise en charge pouvait impliquer plusieurs personnes, et pas seulement leur mère biologique. JSTOR
Cela ne signifie pas que toutes les sociétés humaines fonctionnent de la même manière.
Cela ne signifie pas non plus que toutes les mères préhistoriques disposaient d’une aide abondante, ni que nous connaissons précisément l’organisation quotidienne des soins à chaque période de la préhistoire.
Il faut distinguer les observations ethnographiques réalisées dans des sociétés contemporaines des hypothèses concernant nos ancêtres.
Mais ces recherches nous permettent de remettre en question une idée que nous avons parfois tendance à considérer comme évidente : celle selon laquelle la mère serait naturellement la seule personne chargée de répondre aux besoins de son bébé.
La proximité n’implique pas nécessairement l’exclusivité.
Un bébé peut être porté par son père. Il peut être réconforté par une grand-mère. Une autre personne de confiance peut participer à ses soins.
Cela ne diminue pas la place de sa mère.
Cela ne remet pas en cause l’allaitement.
Cela signifie simplement que plusieurs personnes peuvent contribuer à prendre soin d’un enfant.
Et cette possibilité mérite d’être davantage présente dans notre manière de parler du maternage.
Les Aka sont un peuple de chasseurs-cueilleurs d’Afrique centrale, étudié notamment par l’anthropologue Barry Hewlett.
Les observations réalisées dans cette population montrent que les nourrissons bénéficient de la proximité de plusieurs personnes, dont leurs pères et d’autres membres du groupe.
Une synthèse scientifique publiée en 2018 dans Physiology & Behavior, intitulée Infant allocare in traditional societies, rapporte des observations concernant les nourrissons Aka âgés d’un à quatre mois.
Au camp, pendant la journée, les mères tiennent les bébés environ 51 % du temps, les pères 22 % et les autres personnes 28 %. Les pourcentages ne totalisent pas exactement 100 % en raison des arrondis. ScienceDirect
Ces chiffres décrivent les observations rapportées pour cette population. Ils ne constituent pas une règle universelle concernant les humains.
Mais ils illustrent quelque chose d’intéressant : le contact physique avec le bébé peut être assuré par plusieurs personnes.
Le bébé reste entouré. Il bénéficie de proximité. Il peut être tenu et réconforté par des personnes différentes.
Sa mère n’est donc pas nécessairement la seule personne capable de lui apporter cette proximité.
Quand je repense à mes longues promenades avec mes filles, à ces siestes en portage et à ces heures passées à les accompagner dans leur sommeil, je trouve cette distinction essentielle.
J’ai aimé être cette personne pour elles.
Mais aimer être disponible ne signifie pas que l’on doit être disponible en permanence.
Les Efé, qui vivent dans la région forestière de l’Ituri, en République démocratique du Congo, ont également été étudiés pour leurs pratiques de soins aux nourrissons.
Dans une synthèse publiée en 2024 dans Evolution, Medicine, and Public Health, les auteurs rapportent que les personnes autres que les parents biologiques représentent une part importante des soins reçus par les nourrissons Efé.
Les données présentées indiquent que ces autres personnes assurent environ 39 % du contact physique avec les nourrissons à trois semaines, et environ 60 % à huit semaines. La même synthèse rapporte que les bébés Efé peuvent avoir de nombreux soignants différents dès les premiers jours de vie. OUP Academic
Ces observations ne signifient pas que les mères Efé sont moins investies auprès de leurs enfants.
Elles ne signifient pas non plus que cette organisation serait idéale ou transposable telle quelle à toutes les familles.
Elles montrent qu’il existe des contextes dans lesquels une part importante des soins et de la proximité physique est assurée par d’autres personnes.
C’est cela qui m’interpelle.
Nous avons tellement intégré l’idée que les parents doivent répondre eux-mêmes à presque tous les besoins de leurs enfants que nous oublions parfois qu’il existe d’autres manières d’organiser les soins.
Un bébé peut bénéficier d’une présence attentive sans que sa mère soit constamment la personne qui le porte.
Une mère peut rester centrale dans la vie de son enfant sans être l’unique personne capable de le consoler.
Et une famille peut répondre aux besoins de son bébé sans que toutes les responsabilités reposent sur une seule personne.
Les Hadza, en Tanzanie, ont eux aussi fait l’objet de recherches sur les soins apportés aux nourrissons.
La synthèse publiée dans Evolution, Medicine, and Public Health rapporte que les nouveau-nés Hadza sont tenus par des personnes autres que leur mère environ 85 % du temps au cours des premiers jours suivant la naissance, selon les observations citées par les auteurs. OUP Academic
Ce résultat mérite d’être replacé dans son contexte : il concerne une population particulière et une période très précise de la vie du bébé.
Il ne signifie pas que toutes les mères devraient organiser les premiers jours de leur enfant de cette manière.
Il montre néanmoins qu’un nouveau-né peut bénéficier d’une proximité physique importante sans que sa mère soit constamment la personne qui le porte.
Et il faut apporter une autre précision intéressante : les Hadza ne figurent pas parmi les populations dans lesquelles l’allaitement par d’autres femmes que la mère est documenté comme une pratique courante. Hewlett et Winn soulignent justement que l’allaitement allomaternel varie considérablement selon les sociétés. RCNi Company Limited
Autrement dit, le partage des soins ne signifie pas nécessairement le partage de l’allaitement.
Cette distinction est importante.
Une autre personne peut participer aux soins d’un bébé sans le nourrir au sein. Elle peut le porter, le bercer, le surveiller ou permettre à sa mère de se reposer.
Le besoin de proximité d’un bébé ne signifie pas que sa mère doit être la seule personne à pouvoir lui apporter du réconfort.
Les Agta sont un peuple de chasseurs-cueilleurs des Philippines, étudié notamment pour les réseaux d’entraide et de coopération qui structurent leur vie quotidienne.
En 2019, une étude publiée dans Nature Human Behaviour a examiné les mécanismes qui favorisent l’alloparentalité chez les Agta.
Les chercheurs ont utilisé des données de proximité concernant 1 701 paires enfant-personne susceptible de contribuer à ses soins.
Leurs résultats montrent que les liens de parenté et la réciprocité sont associés aux interactions avec les enfants. Autrement dit, l’aide peut être liée à la fois aux liens familiaux et aux relations d’entraide entre personnes qui ne sont pas nécessairement parentes. Nature
Cette étude ne mesure pas directement le nombre de fois où un bébé est passé d’une personne à une autre dès son premier jour de vie. Elle ne permet donc pas de confirmer cette formulation précise, parfois reprise dans des résumés consacrés aux pratiques des Agta.
Mais elle apporte un élément important à notre réflexion : les réseaux de soins peuvent dépasser le cercle des parents biologiques et de la famille proche.
L’entraide n’est pas seulement une affaire de grand-mères ou de grands-pères.
Elle peut s’inscrire dans un réseau social plus large, fondé sur les relations, les échanges et la coopération.
Cela ne signifie pas que toutes les personnes d’un groupe participent de la même manière aux soins de chaque enfant.
Cela signifie que la prise en charge des enfants peut être une responsabilité collective, structurée par des relations sociales variées.
Et cette idée nous ramène à notre question de départ : comment soutenir les parents sans faire peser sur eux, et en particulier sur les mères, la quasi-totalité des responsabilités quotidiennes ?
Une autre donnée mérite d’être mentionnée, parce qu’elle permet de prendre un peu de recul sur ces exemples.
L’étude Infant allocare in traditional societies, publiée en 2018 dans Physiology & Behavior, examine les soins apportés aux nourrissons dans trois sociétés de petite échelle, comprenant des populations de chasseurs-cueilleurs et une population agricole.
Les chercheurs rapportent qu’en moyenne, dans les populations étudiées, les mères fournissent 57 % des soins directs aux nourrissons, contre 43 % pour les autres personnes qui participent à leur prise en charge. L’écart autour de cette moyenne est important : il ne faut donc pas considérer ces proportions comme une norme universelle. ScienceDirect
Cette donnée est particulièrement intéressante, mais elle doit être interprétée correctement.
Il ne s’agit pas d’une méta-analyse de toutes les sociétés traditionnelles du monde. Elle ne signifie pas non plus que toutes les mères humaines ont historiquement bénéficié de 43 % de soins assurés par d’autres personnes.
Elle montre qu’au sein des populations étudiées, les soins directs aux nourrissons peuvent être largement partagés.
Et cela change la manière dont nous pouvons envisager la maternité.
Nous avons tendance à nous demander comment les mères pourraient mieux gérer leur quotidien, comment elles pourraient s’organiser, comment elles pourraient répondre à tous les besoins de leurs enfants sans s’épuiser.
Mais ces recherches nous invitent à poser une autre question : et si une partie de la réponse consistait à mieux partager les soins plutôt qu’à demander aux mères de mieux tout gérer ?
Je ne dis pas que nous devons reproduire à l’identique les organisations de ces sociétés.
Nos logements, nos rythmes de travail, nos structures familiales et nos conditions de vie sont différents.
Mais nous pouvons nous inspirer de cette réflexion : la responsabilité des soins aux enfants ne doit pas nécessairement reposer sur une seule personne.
Il y a un autre aspect des recherches anthropologiques qui m’intéresse particulièrement : l’allaitement par d’autres femmes que la mère biologique.
Dans notre représentation contemporaine de l’allaitement, nous associons généralement le sein à une relation entre une mère et son bébé.
Pourtant, des pratiques d’allaitement allomaternel ont été documentées dans différentes sociétés.
En 2014, les anthropologues Barry Hewlett et Steve Winn ont publié une étude intitulée Allomaternal Nursing in Humans dans la revue Current Anthropology.
Leur travail s’appuie notamment sur des observations de nourrissons Aka et Efé, des entretiens avec des mères Aka, des données ethnographiques et une analyse comparative de différentes cultures.
Les auteurs concluent que l’allaitement par d’autres femmes que la mère biologique est documenté dans de nombreuses sociétés, mais qu’il est devenu une pratique normative dans relativement peu d’entre elles.
Ils soulignent également que les pratiques varient selon les cultures, l’âge des nourrissons, la situation de la mère et les personnes susceptibles de participer aux soins. Les parentes biologiques, notamment les grand-mères, figurent parmi les personnes qui peuvent allaiter les enfants. RCNi Company Limited
Cette nuance est essentielle.
Toutes les sociétés de chasseurs-cueilleurs ne pratiquent pas l’allaitement allomaternel. Les Hadza, par exemple, ne figurent pas parmi les populations dans lesquelles cette pratique est courante.
Nous ne pouvons donc pas affirmer que l’allaitement partagé a toujours été la norme chez Homo sapiens.
Mais ces travaux montrent que l’allaitement n’a pas partout été organisé exclusivement autour de la mère biologique.
Et surtout, ils nous rappellent que le partage des soins ne se limite pas à l’allaitement.
Une autre personne peut porter un bébé, le bercer, le surveiller ou l’aider à se calmer sans l’allaiter.
Un père peut prendre en charge une promenade. Une grand-mère peut s’occuper d’un bébé pendant que sa mère se repose. Une personne de confiance peut participer aux soins quotidiens.
Ces gestes ne remplacent pas l’allaitement. Ils permettent de partager une partie des responsabilités qui l’entourent.
Je trouve cette distinction fondamentale.
Je ne souhaite pas que l’on transforme les recherches anthropologiques en nouvelles injonctions faites aux mères. Il ne s’agit pas de leur dire qu’elles devraient partager davantage l’allaitement ou organiser leur maternité d’une certaine manière.
Il s’agit de leur rappeler qu’elles ont le droit d’être soutenues.
Le sujet n’est pas de faire moins de maternage. C’est de ne plus faire peser tout le maternage sur une seule personne.
Je voudrais m’arrêter un instant sur un point important.
Lorsque l’on découvre ces études, il peut être tentant d’en conclure que le maternage solitaire n’a jamais existé dans l’histoire humaine.
Ce serait aller trop loin.
Les sociétés humaines sont diverses. Les conditions de vie varient. Les réseaux d’entraide ne sont pas toujours disponibles, et les mères n’ont pas toutes bénéficié du même soutien.
Les observations réalisées chez les Aka, les Efé, les Hadza et les Agta ne nous permettent pas de reconstituer avec certitude le quotidien de toutes les femmes du Paléolithique.
L’alloparentalité constitue un sujet important pour comprendre l’évolution humaine, mais elle ne signifie pas que toutes les femmes de nos sociétés ancestrales étaient entourées en permanence.
De la même manière, les données anthropologiques ne permettent pas de déterminer une organisation familiale unique qui serait la seule « naturelle ».
Ce serait confondre ce que les chercheurs observent avec ce que nous voudrions en déduire.
Mais ces travaux nous apportent quelque chose de précieux : ils montrent que le modèle dans lequel la mère assure seule l’essentiel des soins n’est ni la seule organisation humaine possible ni une évidence universelle.
Et cela suffit déjà à ouvrir une réflexion essentielle.
Nous pouvons reconnaître l’importance de la proximité avec les bébés sans faire de la mère l’unique personne chargée de la leur offrir.
Nous pouvons valoriser l’allaitement sans considérer que la mère doit être disponible à toute heure.
Nous pouvons encourager les parents à répondre aux besoins de leurs enfants sans oublier que les personnes qui s’en occupent ont elles aussi des besoins.
L’anthropologie ne nous donne pas un mode d’emploi de la parentalité moderne.
Elle nous permet, en revanche, de questionner ce que nous avons fini par considérer comme normal.
Pendant longtemps, j’ai entendu parler de maternage proximal comme d’une manière naturelle de répondre aux besoins des enfants.
Allaitement à la demande. Portage. Proximité physique. Réponse aux pleurs. Présence affective.
L’idée est belle : accueillir les besoins de son enfant, être attentive à ses signaux, construire une relation dans laquelle il peut trouver du réconfort et de la sécurité.
Mais il y a une question que l’on oublie trop souvent de poser.
Qui prend soin de la mère pendant qu’elle prend soin de son bébé ?
Parce qu’allaiter à la demande, ce n’est pas seulement mettre un bébé au sein de temps en temps.
C’est parfois avoir l’impression de ne jamais pouvoir s’éloigner. C’est organiser ses journées autour des tétées. C’est être réveillée la nuit, puis devoir fonctionner le lendemain malgré la fatigue.
Et lorsque votre enfant a besoin de proximité presque permanente, même les gestes les plus ordinaires peuvent devenir compliqués.
Prendre une douche.
Manger tranquillement.
Téléphoner.
Aller aux toilettes sans être sollicitée.
Finir une phrase.
Ce sont des choses minuscules, presque ridicules lorsqu’on les énumère. Pourtant, lorsqu’elles deviennent difficiles à accomplir pendant des semaines ou des mois, elles finissent par peser lourd.
Je ne regrette pas d’avoir allaité mes filles aussi longtemps. Je ne regrette pas de les avoir portées, bercées et accompagnées avec autant de disponibilité.
Mais je peux aimer profondément ce que j’ai donné à mes enfants sans considérer que toutes les conditions dans lesquelles je l’ai donné étaient normales, souhaitables ou soutenables.
C’est une distinction qui me semble essentielle.
Nous pouvons défendre le maternage proximal sans faire de l’épuisement maternel une preuve d’amour.
Nous pouvons encourager l’allaitement sans considérer que la mère doit être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Nous pouvons respecter les besoins des bébés sans oublier que les personnes qui s’en occupent ont elles aussi des besoins.
Et surtout, nous pouvons cesser de confondre la capacité d’une femme à tenir avec la nécessité de la laisser tenir seule.
Il y a quelque chose de paradoxal dans notre manière de parler de la maternité.
Nous expliquons aux femmes que leur corps est capable de porter un enfant, d’accoucher et, lorsqu’elles le souhaitent et le peuvent, de l’allaiter.
Puis nous semblons parfois considérer qu’elles devraient être capables d’assumer tout ce que cela implique, sans que leurs limites physiques et émotionnelles deviennent un sujet collectif.
Comme si la capacité biologique à allaiter signifiait une capacité illimitée à rester disponible.
Comme si le fait de pouvoir porter un bébé signifiait pouvoir le porter toute la journée, jour après jour, sans conséquences sur son propre corps.
Comme si l’amour maternel pouvait remplacer le sommeil, la récupération et le soutien humain.
Mais une mère peut aimer son enfant et être épuisée.
Elle peut adorer l’allaitement et avoir besoin de quelques heures de repos.
Elle peut aimer porter son bébé et avoir besoin de déposer le porte-bébé.
Elle peut être heureuse d’avoir choisi cette maternité et trouver certaines journées terriblement difficiles.
Elle peut vouloir répondre aux besoins de son enfant sans être la seule à pouvoir le faire.
Ces réalités ne se contredisent pas. Elles coexistent.
Et pourtant, les discours sur le maternage peuvent parfois donner l’impression que la bonne mère est celle qui accepte tout, supporte tout et répond toujours présente.
Celle qui ne compte pas ses heures.
Celle qui ne se plaint pas.
Celle qui ne demande pas trop d’aide.
Celle qui considère l’épuisement comme une étape normale, presque incontournable, de sa maternité.
Je trouve ce modèle profondément injuste lorsqu’il devient une attente sociale plutôt qu’un choix personnel.
Car une mère qui a besoin de souffler n’aime pas moins son enfant.
Une mère qui demande de l’aide n’est pas moins compétente.
Et une mère qui ne peut pas allaiter, qui choisit de ne pas allaiter ou qui décide de sevrer son enfant n’a pas à justifier sa valeur.
Nous devons pouvoir défendre la proximité, l’écoute des besoins et l’allaitement lorsqu’ils correspondent aux choix et aux possibilités des familles, sans fabriquer une nouvelle injonction maternelle.
Le maternage ne devrait jamais devenir un concours d’endurance.
Dans mon histoire, il y a aussi une autre dimension.
Je suis neuro-atypique et j’élève des enfants neuro-atypiques.
Je ne prétends pas que toutes les familles neuro-atypiques vivent les mêmes difficultés. Les expériences sont différentes, et chaque famille a ses propres besoins.
Mais, dans mon quotidien, cette réalité a compté.
Les sollicitations, la fatigue, les besoins qui s’enchaînent et la difficulté à trouver des moments de récupération ont parfois rendu les journées particulièrement intenses.
Il ne s’agit pas de faire de la neuro-atypie de mes filles une explication à tout.
Il ne s’agit pas non plus de présenter mes enfants comme responsables de mon épuisement.
Il s’agit simplement de reconnaître que la parentalité se vit dans un contexte particulier, avec des besoins et des contraintes qui varient d’une famille à l’autre.
Lorsque l’on doit déjà composer avec ses propres besoins de fonctionnement et ceux de ses enfants, la disponibilité permanente peut devenir particulièrement exigeante.
Et dans ces moments-là, le soutien ne devrait pas être considéré comme un luxe.
Il devrait faire partie de la manière dont nous pensons l’accompagnement des familles.
Parce qu’une mère ne peut pas toujours compenser seule toutes les difficultés du quotidien.
Parce que l’amour ne supprime pas les besoins de récupération.
Et parce que les familles ne devraient pas avoir à attendre d’être au bord de l’épuisement pour pouvoir demander de l’aide.
C’est peut-être la partie la plus personnelle de cet article.
En novembre 2017, ma grande avait 1 an lorsque j’ai publié mon témoignage dans le HuffPost.
Je cherchais à comprendre et à expliquer ce sentiment d’abandon que j’avais ressenti après être devenue mère.
Aujourd’hui, elle a 10 ans. Sa petite sœur en a 5.
J’ai traversé deux maternages, deux allaitements de trois ans, des années de portage et tout ce quotidien que connaissent les parents de jeunes enfants.
Je peux maintenant regarder cette période autrement.
Je ne cherche pas à réécrire mon histoire ni à prétendre que j’aurais voulu faire différemment.
Je suis heureuse d’avoir vécu ces allaitements avec mes filles. Je garde de beaux souvenirs de ces moments de proximité, de ces longues promenades et de ces siestes en portage.
Mais je comprends mieux pourquoi certaines périodes ont été aussi éprouvantes.
Et surtout, je comprends que la difficulté ne venait pas nécessairement de ce que je donnais à mes enfants.
Elle venait aussi de tout ce que je devais continuer à porter pendant que je le leur donnais.
Les recherches sur l’alloparentalité ne m’apprennent pas ce que j’aurais dû faire en tant que mère. Elles ne me disent pas que j’aurais dû allaiter moins longtemps, porter moins mes filles ou répondre moins souvent à leurs besoins.
Elles m’invitent plutôt à envisager une autre possibilité : celle d’une maternité dans laquelle je n’aurais pas eu à être aussi souvent la seule personne disponible.
Une maternité dans laquelle j’aurais pu être une mère présente sans devoir être une mère perpétuellement accessible.
Une maternité dans laquelle l’amour n’aurait pas été confondu avec la capacité à tout supporter.
En 2017, je parlais de mon sentiment d’abandon.
En 2026, je peux replacer cette expérience dans une réflexion plus large sur la place des mères et sur la manière dont nous organisons les soins aux enfants.
Je ne prétends pas que l’anthropologie explique à elle seule ce que j’ai ressenti. Je ne prétends pas non plus que toutes les familles vivent la même chose.
Mais je crois que ces recherches permettent de poser une question essentielle : pourquoi avons-nous si facilement accepté l’idée qu’une mère devrait répondre à presque tous les besoins de son bébé, alors même que d’autres personnes pourraient participer à une grande partie de ses soins ?
Je n’écris pas cet article parce que je suis encore en train de découvrir le maternage proximal.
Je l’écris parce que je l’ai vécu.
Parce que cette période est désormais derrière moi.
Et parce que je peux aujourd’hui regarder mes filles grandir tout en me souvenant de la jeune mère que j’étais, de ce qu’elle a donné et de ce qu’elle aurait aimé recevoir.
On parle souvent du fameux village qu’il faudrait pour élever un enfant.
L’expression est devenue familière. On la retrouve dans les conversations entre parents, sur les réseaux sociaux et dans les discussions autour de la charge mentale.
Mais je crois que nous ne mesurons pas toujours ce qu’elle implique concrètement.
Un village, ce n’est pas seulement une grand-mère qui passe de temps en temps.
Ce n’est pas uniquement un conjoint qui prend le bébé pendant vingt minutes pour permettre à sa compagne de prendre une douche.
Ce n’est pas seulement une amie qui propose de garder les enfants lorsque la mère est épuisée.
Toutes ces aides sont précieuses. Mais le soutien peut aussi prendre une forme plus profonde : une organisation dans laquelle la responsabilité des enfants et du quotidien est réellement partagée.
Un conjoint qui ne se contente pas d’attendre qu’on lui demande quoi faire, mais qui prend sa part de responsabilité (comme mon mari).
Une famille qui comprend qu’une mère peut avoir besoin de repos même lorsque son bébé va bien.
Des proches qui proposent un soutien concret plutôt que de se contenter de demander si tout va bien.
Des professionnels accessibles lorsque la famille en a besoin.
Des conditions de travail et des dispositifs de soutien qui permettent aux parents de concilier leurs responsabilités avec leur santé et leur vie personnelle.
Et surtout, une culture dans laquelle demander de l’aide ne constitue pas un aveu d’échec.
Je sais que toutes les familles n’ont pas la possibilité de s’appuyer sur un entourage présent. Je sais aussi que les conditions de vie des sociétés de chasseurs-cueilleurs étudiées par les anthropologues sont différentes des nôtres.
Nous ne pouvons pas simplement reproduire leur organisation dans nos sociétés contemporaines.
Mais nous pouvons nous inspirer d’une question fondamentale :
Comment faire en sorte que les soins aux enfants ne reposent pas systématiquement sur les épaules d’une seule personne ?
C’est une question qui concerne les couples, les familles, les employeurs et la société dans son ensemble.
Parce que les besoins d’un bébé ne disparaissent pas lorsque sa mère retourne travailler.
Parce que les parents ont besoin de récupérer, même lorsqu’ils sont heureux d’avoir des enfants.
Et parce qu’il existe une différence entre être responsable de son enfant et devoir tout faire soi-même.
Ce qui me frappe, c’est que nous disposons depuis longtemps de travaux anthropologiques sur l’alloparentalité et les différentes manières dont les humains prennent soin de leurs enfants.
Pourtant, dans nos représentations de la maternité, la mère reste souvent la personne à qui l’on demande de s’adapter.
C’est elle qui doit apprendre à reconnaître les pleurs de son bébé, organiser les tétées, anticiper les besoins, trouver des solutions lorsque les nuits sont difficiles et concilier tout cela avec le reste de sa vie.
Bien sûr, de nombreux pères sont très investis et les organisations familiales varient considérablement. Il serait injuste de réduire toutes les familles à un même modèle.
Mais il me semble nécessaire de continuer à interroger les attentes qui pèsent sur les femmes.
Pourquoi félicitons-nous si souvent les mères d’avoir réussi à tout faire, plutôt que de nous demander pourquoi elles ont dû en faire autant ?
Pourquoi considérons-nous parfois qu’une femme qui demande du soutien est moins capable, alors que l’entraide fait partie des formes de coopération documentées dans différentes sociétés humaines ?
Pourquoi parlons-nous autant de ce que les mères devraient apprendre à faire, et si peu de la manière dont leur entourage pourrait concrètement participer ?
Je ne prétends pas que les sociétés anciennes étaient plus égalitaires, ni que les femmes y étaient nécessairement moins fatiguées.
Les recherches anthropologiques ne permettent pas de tirer de telles conclusions générales.
Mais elles nous rappellent que notre manière d’organiser la parentalité n’est pas la seule possible.
Et c’est déjà une raison suffisante pour réfléchir à ce que nous pourrions changer.
Je ne regrette pas une minute d’avoir allaité mes filles pendant trois ans chacune.
Je ne regrette pas les moments de proximité, les tétées, les câlins, les réveils nocturnes et tous ces instants qui appartiennent à notre histoire.
Je ne regrette pas d’avoir choisi cette manière de vivre ma maternité.
Mais si je pouvais revenir en arrière, je ne demanderais pas à la jeune mère que j’étais d’être plus forte.
Je ne lui dirais pas de mieux s’organiser.
Je ne lui conseillerais pas d’apprendre à optimiser ses journées.
Je lui dirais autre chose.
Je lui dirais qu’elle a le droit d’avoir besoin d’aide.
Que l’amour ne se mesure pas au nombre d’heures passées sans dormir.
Que demander un relais ne signifie pas abandonner son enfant.
Que son corps, son sommeil et sa santé comptent aussi.
Que même lorsqu’elle est capable de beaucoup, elle n’a pas à tout faire.
Et surtout, je lui dirais qu’elle n’a pas besoin de prouver qu’elle est une bonne mère en s’épuisant.
Mon mari m’a un jour dit qu’il n’aurait pas eu la force de faire 10 % de ce que j’avais fait.
Cette phrase m’a touchée. J’ai de l’admiration pour lui et je sais combien il m’aime.
Mais elle m’a aussi fait réfléchir.
Pourquoi avions-nous accepté qu’une telle charge puisse reposer aussi largement sur une seule personne, au point que cela puisse sembler presque impossible à quelqu’un d’autre ?
Je ne raconte pas cela pour lui reprocher quoi que ce soit. J’avais un mari aimant et des parents formidables.
Je raconte cela parce que l’on peut être reconnaissante envers les personnes qui nous entourent tout en reconnaissant que l’on a manqué de relais au quotidien.
On peut être fière de ce que l’on a accompli et souhaiter que d’autres femmes n’aient pas à traverser les mêmes épreuves.
On peut aimer sa maternité et refuser d’idéaliser la solitude qui l’a parfois accompagnée.
Aujourd’hui, je suis fière de ce que j’ai donné à mes filles.
Mais je suis aussi fière de pouvoir dire que cela m’a demandé énormément d’énergie.
Je n’ai pas besoin de minimiser cette difficulté pour prouver mon amour.
Et si tu as vécu un maternage aussi intense, j’aimerais que tu retiennes ceci : tu n’as pas besoin de te comparer à une autre mère pour savoir si tu as assez donné.
Tu n’as pas besoin d’avoir allaité trois ans, six mois ou pas du tout pour mériter du soutien.
Tu n’as pas besoin d’attendre d’être à bout pour demander un relais.
Tu n’as pas besoin d’être une super-héroïne.
Tu as le droit d’être une mère et d’avoir besoin que quelqu’un prenne soin de toi aussi.
Le maternage proximal peut être une expérience merveilleuse.
L’allaitement à la demande peut être un choix profondément satisfaisant.
Le portage peut offrir de beaux moments de proximité.
Et chaque famille doit pouvoir construire son quotidien en fonction de ses besoins, de ses choix et de ses possibilités.
Mais aucune de ces pratiques ne devrait devenir une obligation d’endurance imposée aux femmes.
L’anthropologie nous rappelle que, dans différentes sociétés humaines, les soins aux enfants peuvent être partagés entre plusieurs personnes.
Elle ne nous fournit pas un modèle préhistorique unique qu’il faudrait reproduire aujourd’hui. Elle nous invite plutôt à remettre en question certaines évidences que nous avons fini par considérer comme naturelles.
Et si nous cessions de demander aux mères comment elles font pour tout gérer ?
Et si nous nous demandions plutôt comment mieux répartir ce qu’il y a à gérer ?
Et si nous arrêtions de féliciter les femmes d’avoir tenu seules pour commencer à construire des conditions dans lesquelles elles n’auraient plus à le faire ?
En 2017, ma grande avait 1 an et j’écrivais sur mon sentiment d’abandon après être devenue mère.
En 2026, elle en a 10. Sa petite sœur en a 5.
Le maternage proximal est derrière moi. Je ne regrette rien de ces années, ni l’allaitement, ni le portage, ni les longues promenades avec mes filles.
Mais les questions qu’elles m’ont laissées sont toujours là.
Je ne veux pas que les mères qui viennent après moi aient à se demander pourquoi elles se sentent si seules.
Je voudrais que nous puissions parler de la maternité sans idéaliser l’épuisement, sans culpabiliser les femmes et sans faire de leur capacité à tout porter une qualité indispensable.
Parce que prendre soin d’un enfant ne devrait pas signifier devoir s’oublier soi-même.
Parce que l’amour maternel n’est pas une ressource illimitée.
Et parce que les femmes ont le droit d’être accompagnées, soutenues et entourées, sans avoir à attendre de ne plus en pouvoir.
Le naturel, ce n’est pas qu’une mère puisse tout porter. C’est que nous cessions de considérer qu’elle doit le faire seule.
Et vous, avez-vous eu le sentiment d’avoir un véritable village autour de vous lorsque vous êtes devenues mères ? Ou avez-vous, vous aussi, ressenti ce décalage entre l’attention reçue pendant la grossesse et la solitude parfois vécue après la naissance ?
J’aimerais beaucoup vous lire en commentaire. Pas pour comparer nos maternités, mais pour que nous puissions enfin parler de ce que nous vivons réellement.
1. Jennifer Kerner, Thomas Cirotteau et Éric Pincas — Lady Sapiens (2021)
Un ouvrage consacré aux femmes de la préhistoire et à la manière dont les recherches archéologiques permettent de réexaminer les représentations traditionnelles de leur rôle.
2. Jennifer Kerner — Le Théorème du flamant rose
Un ouvrage qui interroge notamment les représentations de la maternité et les attentes sociales qui l’entourent.
3. Jennifer Kerner — Papatriarcat, épisode 249, 8 octobre 2026
Le Théorème du flamant rose — Jennifer Kerner. L’épisode aborde notamment le maternage intensif, la place des pères et l’importance des relais autour des familles. Papatriarcat
4. Barry S. Hewlett et Steve Winn — « Allomaternal Nursing in Humans », Current Anthropology, 2014
Consulter l’article scientifique. Cette étude examine l’allaitement par d’autres femmes que la mère biologique et souligne la diversité des pratiques selon les cultures. RCNi Company Limited
5. Sarah Blaffer Hrdy — Mothers and Others: The Evolutionary Origins of Mutual Understanding, 2009
Un ouvrage de référence sur la coopération dans les soins aux enfants et son rôle dans l’évolution humaine. JSTOR
6. « Infant allocare in traditional societies », Physiology & Behavior, 2018
Consulter la publication scientifique. Cette étude examine les soins apportés aux nourrissons dans différentes sociétés et rapporte notamment une moyenne de 57 % des soins directs assurés par les mères et de 43 % par d’autres personnes dans les populations étudiées. ScienceDirect
7. « Lonely, stressed-out moms », Evolution, Medicine, and Public Health, 2024
Consulter l’article scientifique. Cette publication examine notamment la solitude maternelle, le stress et les réseaux de soutien dans différentes sociétés. OUP Academic
8. Abigail E. Page et ses collègues — « Testing adaptive hypotheses of alloparenting in Agta foragers », Nature Human Behaviour, 2019
Consulter l’étude. Les chercheurs étudient les liens entre parenté, réciprocité et interactions avec les enfants chez les Agta des Philippines. Nature
9. Céline Santullo — HuffPost, novembre 2017
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