Temoignage troublant, l'histoire d'un deni de grossesse total ... - Maman Pavlova
Maternité

Temoignage troublant, l’histoire d’un deni de grossesse total …

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai toujours été fasciné par les dénis de grossesse et la capacité de notre corps à cacher la vie… J’ai découvert que c’était possible grâce à la chanteuse Sherifa Luna, j’étais alors en licence et je me souviens avoir presque eu du mal a la croire à l’époque, depuis j’ai decouvert les mysteres du corps et le sujet est devenu courant dans l’actualité et j’ai bien compris…

J’ai eu la chance de trouver une maman qui a bien voulu vous raconter son histoire, elle a fait un déni de grossesse total et a découvert qu’elle était enceinte de son petit garçon en accouchant…

La maternité est deja un chamboulement immense quand on a 9 mois pour se preparer, alors je n’ose imaginer le tsunami qui arrive dans les vies de ses mamans…

Témoignage d’un déni de grossesse total

Qui es-tu ?

Merci à toi de l’intérêt que tu portes à ce sujet qui me touche particulièrement. Je m’appelle Anaïs, j’ai bientôt 25 ans.

Est-ce que tu étais sous contraception avant d’avoir ton déni ?
Oui, lors de mon déni de grossesse, j’étais sous pilule depuis mes 15 ans. Aaron est arrivé à 9h45 le 25 octobre 2013, pour 3,700 kg et 50 cm suite a un deni de grossesse total…

Quand as-tu su que tu étais enceinte ?
J’ai su que j’étais enceinte au moment ou la tête de mon bébé à commencer à sortir.

Quelle a été ta réaction ?
J’étais choquée, étonnée, énervée, effondrée, je pense que je suis passée par toutes les émotions possibles…

Quelle a été la réaction du papa ?
Je ne vivais pas avec le papa, du coup quand j’étais en train d’accoucher de notre fils, j’ai donné mon téléphone à mon frère pour qu’il puise le prévenir. Au début, il n’y a pas cru !


De ton entourage ?
Mes parents, mes frères et mes sœurs l’on vu naître. Ils l’ont bien pris, c’était le premier petit-enfant de mes parents et le premier neveu de mes frères et sœurs.
La famille du papa, c’était un peu plus difficile, sa maman a très mal réagit elle voulait le faire adopter, mais à très vite compris notre choix, elle l’aimera ensuite …


Comment as-tu été suivi au niveau psy après la naissance ?
Je n’ai pas été suivi après la naissance d’Aaron, tout simplement parce que je n’en sentais pas le besoin. J’ai beaucoup parlé avec ma meilleure amie, mon chéri, et nos familles.


Le lien mère/fils as t’il été difficile à établir ?
Notre lien s’est créé à la maternité, dès que les infirmières m’ont laissé seule avec mon fils…

Comment est-ce que tu as réussi à passer le choc ?
Le choc ? Il est toujours présent, j’ai sans cesse peur de revivre cela. J’ai d’ailleurs souvent fait des tests de grossesse par peur que mon corps me trahisse encore…

Quelle est ta plus grande crainte ?
Ma plus grande crainte ? Quand je vais devoir l’expliquer à mon fils, lui dire que je n’ai pas de souvenir de notre vie commune pendant ces 9 mois. 

Récit d’un accouchement lors d’un déni total de grossesse

Peux-tu nous raconter ton accouchement (car tu as fait un déni total …) ?
Mon accouchement :

C’est une histoire d’amour banale qui a commencé par une belle histoire d’amitié, et qui se termine avec un bébé ! Qui aurait cru qu’un jour enfin, que du jour au lendemain nous deviendrons parents aussi tôt dans notre relation et aussi vite.

Nous allions fêter nos 1 an, mais aussi …

Tout commença par un mal de ventre dans la nuit du 24 au 25 octobre 2013, un mal de ventre. Je me réveille vers 7 h toujours avec ce petit mal de ventre, mais je ne m’inquiétais pas plus que ça tout me semblait normal. Je file aux toilettes et là, je fais pipi rien de plus normal sauf que je sens quelque chose qui pousse, étonnée et choquée à la fois mon premier réflexe toucher ne me demandez pas pourquoi. L’instinct ? Et là, je sentais des cheveux …

Je panique : « Je crois que je suis en train d’accoucher ». Elle soulève le drap et voit que la tête et déjà bien engagé elle me dit de ne surtout pas pousser. Sauf que le bébé pousse tout seul. Ma mère réveille mon frère pour lui demander d’appeler les pompiers.

J’ai l’impression que cela dure une éternité

Je n’avais aucune douleur, j’étais simplement choquée et j’avais peur de ce qu’il allait se passer. Le bébé était la en à peine 15 minutes, sans aucune poussée de ma part. Les pompiers s’étaient trompés d’adresse, j’étais donc seule pour accoucher.

Quand il est sorti, je n’ai pas osé le regarder tout d’abord par ce que je pensais qu’il était prématuré, ou pas bien formé. On ne peut pas dire que j’avais eu une vie très saine, entre les excès de sports, les fruits de mer, les cochonneries mangées… Forte, heureusement, je ne buvais pas, et ne fumais pas non plus. Mais non dès qu’il est sorti il a directement pleuré donc il était vivant.

Les pompiers m’ont dit le sexe de l’enfant : « c’est un petit garçon ». J’étais sous le choc… Et tellement de questions en têtes.

On me transporte à l’hôpital. Je reste choquée dans le camion, je ne parle pas, je suis comme dans un monde parallèle sans comprendre. C’est la femme du samu qui porte mon bébé.

On me demande ce que je compte faire le garder ou le faire adopter, ils veulent lui mettre un bracelet avec « X » le temps que je me décide…

Impossible pour moi, je venais de le porter, de lui donner un prénom, je ne pouvais pas, comme si j’avais toujours su qu’il était là…

Si tu avais une baguette magique, tu ferais quoi ?
Si j’avais une baguette magique, je ne changerais rien, c’est notre histoire Je changerais par contre le regard et les jugements des gens qui pense que c’est facile à vivre, ou bien que ce soit bien parce qu’on ne grossit pas, ne vomit pas, etc moi tout ça j’aurais aimé le vivre mais je n’ai pas eu le choix. Je changerais aussi les mentalités, parce que oui, le déni de grossesse existe, ce n’est pas un mythe.

Le meilleur des conseils pour moi serait de ne pas s’en vouloir, nous n’y sommes pour rien. Tout a une raison, si votre enfant s’est caché dite vous que c’est par ce qu’il voulait vraiment être auprès de vous, dites-vous que c’est la plus belle chose au monde …

Quel conseil peux-tu donner aux mamans dans ton cas ?
J’espère t’avoir aidée, et surtout ne rien avoir oublié. Si tu veux mettre mon mail ou mon Instagram si certaines veulent en parler il n’y a pas de soucis merci encore de l’intérêt que tu as porté à notre histoire.

Un immense merci à toi de m’aider à lever un voile sur ce tabou qu’est le déni de grossesse …

4 Comment

  1. Merci pour ce beau partage.
    J en ai les larmes aux yeux.
    Ce déni je l ai vécu aussi. J’ai su que jetais enceinte de notre fille à 4 mois de grossesse. Elle est notre 4eme enfants. Mon mari s’est posé la question en me regardant un matin. Convaincu d’avoir raison il est rentré le soir avec un test de grossesse. J etais très en colère. Je ne voulais pas le faire. Je travaillais beaucoup. Nous avions 3 garçons d age rapprochés. Comment aurais je pu passer à côté d’une grossesse??? Et bien si. Test positif. Ma sage femme echographe nous a reçu le lendemain matin. Et déjà ce fameux matin,je ne fermais plus mon jean. Lorsque j’ai vu notre fille qui bougeait,mettait son petit pied à la bouche j’ai dit: tiens ?! C’est l’échographie de la dame qui est passée avant nous. Le choc nous fait dire n’importe quoi! Ma sage femme et amie. M’a laissé le temps de réaliser que ce bébé était bien le notre. Elle etait là ,en moi. Jai de suite fait le distinguo entre ma grossesse et mon bébé. Je N ai pas adoré être enceinte mais je me suis vite attachée à notre bébé. La naissance s’est bien passée. Mais le coup de foudre est survenu 24h après. Elle avait une forte jaunisse, et était sous les lampes donc pas en chambre avec moi mais j’avais l’habitude. Tous mes enfants ont eu la jaunisse. Je n’étais pas particulièrement inquiète. Mais je restais avec elle a chaque seconde. L’infirmière m’a proposé d’aller me reposer. Qu’elle restait avec elle. Je me suis endormie une petite heure. Puis je me suis réveillée en sursaut avec un mal de ventre,une.angoisse. Ma.fille me manquait.cetait viscéral. Je suis de suite retournée auprès d’elle. Le lien était là. La magie avait opérée. Jetais envoûtée. Aujourd’hui elle a 15mois. Et nous sommes une grande et heureuse famille. Cette histoire est la sienne et la nôtre. Mon mari m’a beaucoup accompagné durant cette grossesse et il a accueilli notre enfant avec énormément d’amour.

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