L’enfant social, ou comment avoir un enfant pour rentrer dans la norme.

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’un sujet qui me tiens particulièrement à cœur, c’est « l’enfant social », ou cet enfant que certaines femmes font, simplement car c’est la norme, sous la pression sociale. 

Avoir ou ne pas avoir un enfant : qui est plus égoïste ?

Comme j’en ai déjà souvent parlé ici, pour avoir notre bébé, nous avons passé 3 années à l’espérer, à l’attendre, à l’imaginer, au gré de 250 piqures et d’une fausse couche… Vous imaginez bien que ce n’est donc pas de moi dont je vais vous parler.

Nous avons tous dans notre entourage, des femmes (je parle ici des femmes, car pour un homme ne pas vouloir d’enfant n’est pas choquant), qui ne souhaite pas avoir d’enfant.

Je me souviens, quand j’avais encore 19 ans (il y a 13 ans donc …), ma directrice avait mon âge actuel, et ne voulais pas d’enfant, elle disait clairement que c’était une charge dont elle ne voulait pas, qu’elle adorait sa vie égoïste.

Du haut de mes 19 ans, j’étais choquée, enfin c’est très égoïste, ne pas vouloir d’enfant, qui peut être auto-centré à ce point ? Alors qu’en fait, elle était le contraire d’égoïste, elle était courageuse, elle affrontait le jugement permanent de son non-désir d’enfant, pour ne pas rendre malheureux un enfant dont elle ne voulait pas.

Avoir un enfant sans en avoir le désir

Quand on est en PMA, on passe son temps à voir passer les grossesse des autres le ventre vide, du coup on a plus de temps pour observer.

Plusieurs fois, j’ai été choquée de femmes qui clairement ne voulaient pas d’enfant, mais en faisaient, soit pour faire plaisir à leur maris, soit par ce qu’une femme mariée se doit d’avoir un enfant. Elle ne s’en cachait pas le moins du monde :

« Si cela ne tenait qu’à moi je n’aurais jamais eu d’enfant, mais tu comprends, Léonard voulait une famille ».

Je vous laisse imaginer dans quelle misère affective grandisse ses enfants, encore plus s’il ont un père souvent au travail, qui du coup est absent…

Si vous cherchez bien dans votre entourage, vous avez forcement au moins une famille comme cela…

Saviez-vous que le refus d’avoir un enfant pour un des époux sera facilement reconnu comme une faute. En effet, les juges estiment que la mariage entraine légitimement un devoir de procréation.

Pourtant, selon une récente étude de l’Ined, 5% des Français ne souhaitent pas d’enfant. Comment expliquer ce « non désir », souvent à contre-courant de l’idéal familial dominant?

Pourquoi ne laisse t-on pas les femmes ou les couples qui ne veulent pas d’enfant assumer ce désir, sans obligation, plutôt que de les pousser à faire naitre des enfants sans amour ?

Même les professionnels de santé, type gynécologues, portent parfois des jugement assez fort sur ces femmes sans désir d’enfant…

A votre avis, pourquoi autant de tabous ? Connaissez-vous des familles sociales ? Êtes-vous un adulte issu d’une famille de ce type, votre témoignage m’intéresse fortement.

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16 commentaires pour “L’enfant social, ou comment avoir un enfant pour rentrer dans la norme.

  1. Personnellement je ne suis pas concernée par ton article, j’ai voulu et désiré mon enfant de tout mon cœur, et je l’aime d’un amour sans limite.
    En revanche, j’ai dans mon entourage des personnes qui font des enfants sans en avoir ce désir aussi ardent. Aussi parce que l’entourage passant son temps à demander « alors quand est-ce que vous faites un petit bout ? », ou à force de voir la totalité des copines avoir des enfants… les femmes finissent par s’auto convaincre que c’est peut-être le moment et qu’il faudra bien qu’elles aient un enfant un jour puisque la société est ainsi faite et que maman rêve d’être grand-mère aussi.
    Cependant, là où je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi cest que cela ne donne pas forcément des enfants en manque d’amour ou en misère affective. Souvent, la nature est quand même bien faite et l’instinct maternel prend le dessus. Et ces femmes qui au départ ne brûlaient pas d’envie d’avoir un enfant peuvent par la suite s’avérer être de très bonnes mères et surtout des mères très aimantes.

    Pour ce qui est du tabou des femmes qui ne veulent pas d’enfant, je trouve comme toi que c’est très courageux d’assumer son choix aux yeux de la société. Et surtout je trouve cela très honnête envers soi-même. Car si la femme naît par nature avec un corps destiné à porter un jour des enfants, elle ne naît par forcément naturellement avec cette envie. Cependant la société commence à s’habituer petit à petit et les tabous deviennent doucement de la normalité et pour ce sujet précisément je trouve que ce n’est pas plus mal. Aujourd’hui, les femmes ont un désir d’enfant de plus en plus tardif car elles ont souhaité se construire une carrière aboutie et solide, et profiter de leur jeunesse avant d’avoir des enfants… chose qui ne se faisait pas avant.
    Dans tous les cas, les femmes devraient avoir le choix d’avoir ou non un enfant sans être jugées.
    Être mère est pour moi le plus bel accomplissement de ma vie mais je comprends parfaitement qu’on puisse ne pas partager mon point de vue, voir son bonheur autrement et qu’un enfant, quand il n’est pas désiré, peut aussi être considéré comme un fardeau. Et dans ce cas s’abstenir n’est pas une mauvaise chose à mes yeux.

    1. Bonjour et merci pour ton long retour très intéressant. Pour les enfants sans amours c’est dans mon entourage une vraie réalité dont les mères ne se cachent pas et cela me brise le coeur. Ce n’est pas partout pareil heureusement mais cela existe, non la nature n’est pas toujours bien faite… quand on voit le scandale des 13 enfants attachés à leurs lits au USA… Je pense pas que l’on puisse dire que la nature fait bien son job . Être mère est la plus belle chose qui me soit arriver , pour moi ma.fille est un énorme cadeau .

      1. Comme toujours on voit toujours un peu de tous les cas et il n’y a pas de généralités sur des sujets comme celui-ci. C’est pour cela que j’ai nuancé mon propos en disant que « souvent » la nature est bien faite. Car fort heureusement le genre d’atrocité que l’on vient de découvrir aux USA n’est pas monnaie courante.

        1. Et non bien plus souvent que l’on pense… regarde le commentaire de Lucile qui est éducatrice, elle te racontera l’horreur de ses enfants et c’est très fréquent…

  2. Bonjour,
    Pour nous avoir un enfant a été un grand questionnement car après avoir passé 12 années en couple dans notre cocon à vivre rien que pour nous ( voyages, resto, ciné, randonner…) sans se poser de questions ça nous convenez très bien! Mais à l’approche de mes 35 ans l’envie d’être enceinte m’a titillé!!! On en a longuement parlé et on s’est lancé dans l’aventure un peu dans l’ignorance mais comme il a fallu 1 an avant d’avoir notre petit bout on a eu le temps de se faire à l’idée. Nous sommes heureux d’avoir notre petit garçon et on a la chance de pouvoir s’en occuper au maximum car je suis assistante maternelle et mon mari travail à la maison mais j’avoue que notre vie d’avant me manque parfois… Même si on nous avez prévenu que ça chamboulerait notre vie de couple, je n’avais pas réalisé à quel point! Tout le monde nous disait vous êtes un couple super soudé ça va encore plus le renforcer, nous on avait surtout peur du contraire et j’avoue qu’après mon accouchement j’ai tellement déprimé que notre couple en a prit un coup, on s’est beaucoup disputé alors qu’avant ça nous arrivés jamais et j’ai failli perdre pied. Mon mari ne comprenait pas mon état de déprime et moi non plus! Heureusement maintenant la tempête est terminée et avec le recul je trouve qu’on est pas assez informé et aidé. Bref! Je comprends les femmes qui ne veulent pas d’enfant j’ai une amie dans ce cas et je les trouve courageuses car elles ont appris à se connaître, c’est important de savoir ce qu’on veut dans la vie pour être heureux,

  3. C’est triste d’être en 2018 et de juger encore ces gens qui ne veulent pas d’enfants . Une amie de ma maman a 40 ans passées et ne veut pas d’enfant ( Elle n’en a pas mais s’épanouit avec ses neveux et nièces ). Elle m’a tant de fois raconte l’horreur qu’elle pouvait vivre a travers le regard et même les remarques des autres . La femme s est émancipée, elle travaille et à le droit de choisir si elle veut ou non des enfants . Mais socialement ce n’est pas encore acceptable .

    Des gens qui font des enfants sans l’envie, il y en a partout . Ayant travaillé 3 ans en foyer pour ados placés, j’en ai vu défiler il faudrait déjà que la justice arrêté de laisser les allocations familiales aux parents d’enfants placés, ça réglerait bien des problèmes, mais ça, c’est un autre débat .

  4. Ah, je fais partie de ces femmes qui ne se sont jamais vraiment posé la question de « pourquoi vouloir un enfant »…
    J’étais enceinte avant même d’avoir eu le temps d’approfondir ma réflexion, et je sais que j’ai eu beaucoup de chance de ne pas galérer pour l’être, mais c’est vrai que cela du coup n’a pas donné lieu à une réflexion très poussée de « pourquoi je veux un enfant », réflexion qui j’imagine doit être nécessaire pour tenir le coup lors d’un parcours comme le tien.

    Je m’exprime peut être très maladroitement (désolée si c’est le cas), mais j’imagine qu’il faut une volonté et du coup une motivation de fer pour réussir passer par ce genre de parcours, et donc une vraie réflexion sur « pourquoi » vouloir une enfant…

    Du coup c’est vrai que j’ai eu des enfants car, « tout le monde » en a, car ça fait partie du « prolongement naturel » d’un couple, parce que « pourquoi pas ? », parce que c’est arrivé plus vite que prévu, bref pour pleins de pseudos raison, une…ambiance presque, je dirais.

    Et….

    Ben au final, je les aimes mes petits.
    De toutes mes petites forces 🙂
    Est ce que je les aimerais plus si j’avais étudié mon envie d’eux ? Peut être que oui, mais je ne pense pas 🙂

    Alors je comprends très bien le non-désir d’enfant, je comprends aussi très bien que se forcer à être maman ou papa peut donner naissance à des frustrations, et rejaillir sur les enfants malheureusement mais aussi, parfois… ben les choses sont simples, pas réfléchies, et ça débouche sur une jolie famille avec de l’amour 🙂 Par contre nous en avions discuté avec mon mari avant de nous marier bien sûr : si l’un de nous n’avait vraiment pas voulu d’enfant alors que pour l’autre cela aurait été important, nous n’aurions pas pu construire notre vie ensemble. car sinon, l’un des deux aurait été frustré et sacrifié… que ce soit celui qui aurait cédé pour accepter d’avoir un enfant, ou celui qui se serait sacrifié en renonçant à la maternité/paternité.
    Mais mon mari était comme moi : un enfant ? Oui, dans l’abstrait on n’a pas tellement remis en cause cette notion qui s’imposait presque d’elle même.

    On se rencontre, on s’aime, un enfant ? Oui pourquoi pas ? Mais pour quoi ? Ben je ne sais pas….
    Oh, il est là ! Si vite ? On a de la chance… (je sais qu’on a eu beaucoup de chance)
    Et l’amour se construit comme ça, un peu tous les jours, un peu de ginguois 🙂
    Tout n’a pas toujours besoin d’être réfléchi pour tout le monde 🙂

    1. J’adore ton commentaire il est pleins de sincérité et non tu n’est pas maladroite ce n’est pas toi qui m’a empêché de tomber enceinte facilement . Et oui avec un parcours comme le mien il en faut de la volonté et du désir.

  5. C’est trop poliquement incorrect de ne pas vouloir d’avoir dans notre société judéo-chrétienne. Enfanter c’est obliger et en plus dans la douleur…
    Pour moi ce sont des préjugés obsolètes.

  6. Non désolée, je ne suis pas une de ces femmes. Mais c’est vrai que la société est culpabilisante si bien que certaines se sentent en quelques sortes forcées, et c’est injuste car, comme tu le dis, les hommes, eux, ne subissent pas cette pression.
    Ton article est intéressant et j’aimerais beaucoup lire les retours de ces mamans.

  7. Je viens de lire ton article. Très intéressant et tellement vrai. Encore aujourd’hui les femmes ont cette pression sociale de faire des enfants. C’est aussi le cas pour les hommes mais dans une moindre mesure. J’ai le cas autour de moi d’un ami dont le père a fait des enfants pour faire des enfants. Lui-même considère son père plutôt comme un géniteur que comme un véritable père car il ne s’est jamais vraiment bien occupé de lui. Cet homme est devenu père, parce qu’il fallait qu’il le devienne.. Parce que c’est la norme sociale, il fallait qu’il ait des enfants alors qu’il ne le souhaitait pas véritablement au fond de lui-même…

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